La mentalité combative ?

Written by Jeremy Vanderoost on . Posted in News

Qu’est-ce que la mentalité combative ? Comment ne pas se faire surprendre ? Un condensé de l’excellent article de Vol West.

Krav Maga et l’échelle des dangers

Plus qu’un concept… la mentalité combative

John Dean Cooper, est reconnu comme étant le père des techniques de combat modernes à l’arme de poing.
Il quitte son poste de lieutenant colonel en 1956, après avoir participé à la deuxième guerre mondiale et à la guerre de Corée.

En 1976, Cooper fonde l’American Pistol Institute à Paulden, dans l’Arizona. Sans doute le centre d’entrainement pour professionnels et civils le plus reconnu, adapté et moderne qui soit.

Cependant, et selon Cooper, la chose la plus importante pour survivre à une confrontation n’est ni l’arme ni les compétences martiales, mais ce qu’il nomme “la mentalité combative”. Il l’explique dans son livre “Principes de la défense personnelle”, dans lequel il présente une adaptation du système utilisé par le corps de Marine pour différencier les états psychologiques de préparation au combat.

You got your cellphone, I got mine
La plupart d’entre nous évoluons dans nos quotidiens en parfaite inconscience du monde qui nous entoure. Nous sommes préoccupés par le travail, la peur de le perdre, par des problèmes personnels, familiaux, par nos crédits… Distraits par le texto que nous venons de recevoir, le MP3 dans les oreilles ou une conversation téléphonique.

Nous n’avons que très peu d’attention pour notre environnement [immédiat]… et de cette non-attention, nous nous mettons nous même en péril, et ceci à bien des niveaux, mais pour aujourd’hui, l’inattention qui nous intéresse sera : la sécurité personnelle.
Nous pouvons être stupides, inattentifs et inconscients pendant des années sans jamais être confronté à un danger…

La vaste majorité des criminels sont des opportunistes

Le travail de Cooper, si nous le confrontons à une certaine mathématique, est tout simplement de minimiser le risque de devenir une victime par la manipulation même de l’opportunité que nous pouvons projeter, et ceci par manque d’attention.

En apprenant à observer notre environnement, à l’évaluer constamment, à agir et réagir d’une manière appropriée, nous pouvons atteindre un degré de contrôle important sur notre destinée. Il nous faut harmoniser notre niveau de conscience et de préparation mentale et physique avec les exigences actuelles de notre situation/environnement.
Dans une voiture, nous changeons de vitesse en fonction de la route rencontrée. Dans nos quotidiens, nous devons apprendre à psychologiquement changer de vitesse en fonction du risque rencontré.

Une échelle de conditionnement mental

echelle cooper GOODIl existe une échelle de préparation mental allant d’un état de conscience automatisée, d’inattention, à un état où nous sommes prêts instantanément à défendre notre vie ou celle d’un proche. L’échelle se compose de quatre états, soit quatre couleurs:

Nous ne pouvons vivre coincés à l’une ou l’autre extrémité de cette échelle. Si nous vivons au palier bas, nous risquons fortement de devenir les victimes d’un accident ou d’un criminel… Ce n’est qu’une question de temps.
De l’autre coté, nous ne pouvons pas non plus évoluer quotidiennement avec la main sur notre arme, notre lampe tactique ou notre spray, prêt à dégainer si quelque chose bouge. Il faut apprendre à manœuvrer l’escalade et la désescalade, à changer de vitesse selon les circonstances.

La condition BLANCHE

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En condition blanche, nous sommes inconscients, inattentifs. Cet état peut être caractérisé par “la rêvasserie”, ou encore la préoccupation. Les individus marchent généralement la tête baissée comme s’ils regardaient leurs propres pieds. Ils ne voient pas le danger avant qu’il ne soit littéralement sur eux… quand il est malheureusement trop tard.

Nous pouvons observer cet état quotidiennement. Quand un automobiliste renverse un motard et le tue, quels sont ses premiers mots ? “Je ne l’ai pas vu.” Ces individus ne mentent pas… ils sont simplement tellement inattentifs qu’ils ne voient pas un homme de 100 kilos sur une machine de 200 kilos juste en face d’eux. Quand ce même individu grille un feu rouge et rentre dans votre voiture, tuant votre enfant et votre épouse, il dira la même chose aux forces de l’ordre: “Je ne l’ai pas vu”.

distractionC’est cet individu qui sera victime d’un crime, parce que les criminels visent les gens inattentifs, les fainéants, les distraits et les préoccupés. Le criminel veut pouvoir nous atteindre, prendre, et s’enfuir sans être blessé ou capturé.
Il n’y a qu’un seul endroit ou nous pouvons réellement évoluer en condition blanche: à l’intérieur de notre maison. Quand les portes sont fermées, que le système d’alarme est branché et que le chien fait son travail, alors nous pouvons exister en condition blanche. Nous avons suffisamment de couches, de systèmes, et de protections passives en place pour nous prévenir en cas de problème.

La condition JAUNE

Jaune1Si nous sortons de la maison, alors nous changeons automatiquement de vitesse… Et nous passons à la condition jaune. Nous sommes dans un état de conscience relaxée, sans aucun point focal précis. Nous ne nous préoccupons de rien ou de personne en particulier, nous avons simplement nos yeux ouverts, nos oreilles à l’écoute, et notre tête levée. Nous sommes présents et conscients de notre environnement, difficile à surprendre et à nous faire du mal ou de nous agresser.

Pour illustrer cet état, Cooper utilise souvent l’exemple suivant:
Vous êtes sur un bateau de patrouille militaire en plein milieu de la Méditerranée. Vous n’êtes pas en guerre aujourd’hui, et donc vous ne vous attendez pas à vous faire attaquer ou harceler. Par contre, vous reconnaissez la possibilité d’une attaque, et le radar du bateau fonctionne 24/7, faisant un balayage constant de l’horizon sur 360 degrés.

Soudainement, le radar émet un bruit. Vous ne pouvez pas savoir, en regardant le petit point vert clignoter sur l’écran, si cette présence est bonne ou mauvaise, et donc vous appelez un avion de chasse pour aller voir. Si c’est un avion de ligne Air France transportant des touristes, le pilote de l’avion de chasse retournera à sa base. Si c’est un avion armé exultant une certaine agressivité qui se dirige vers votre bateau, notre pilote de chasse va l’engager.
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Quand nous quittons notre domicile, nous engageons notre radar, et celui-ci balaye l’environnement pour des dangers potentiels. Ces dangers peuvent être humains (agresseurs, voleurs, emmerdeurs, intoxiqués…), comme ils peuvent être mécaniques (voitures, vélos, échafaudages…), ou encore environnementaux (plaque de verglas, fumées ou odeurs suspectes…).

Quand quelque chose attire notre attention, nous l’évaluons. Apres tout, cette évaluation, ce jugement, est la spécialité de notre cerveau, qui consciemment ou inconsciemment, ne fait qu’évaluer constamment des données plus ou moins complexes. Si ce n’est pas un danger potentiel, nous rejetons l’information. Si c’est un danger potentiel, nous nous préparons mentalement à faire face et à gérer celui-ci.

N’importe qui ou n’importe quoi se trouvant dans notre champs d’action immédiat et paraissant inhabituel, insolite ou étrange, c’est a dire qui se détache “du fond” comme sur un radar, devrait être considéré comme potentiellement dangereux, jusqu’à ce que nous ayons eu l’occasion de l’évaluer. Quelqu’un qui n’est pas a sa place, ou engagé dans une activité sans but légitime, doit être évalué attentivement.

La condition ORANGE

Lorsque notre radar mental tire le signal d’alarme, nous avons automatiquement une escalade de niveau sur l’échelle des couleurs, et nous passons à la condition Orange. Cette condition est un état d’alerte soutenu, avec un point focal précis.

La différence entre la condition Jaune et la condition Orange, est la conscience d’une cible spécifique. Notre point focal est maintenu sur cette personne qui aura attiré notre attention, qui aura illuminé le cadran de notre radar.

Il porte une parka en plein Juillet,… Nous l’avons remarqué dans les 5 derniers magasins que nous venons de visiter (condition Jaune). Il s’avance vers nous avec une main dans sa poche de blouson. Quelles que soient les raisons, ses actions ont fait que notre radar l’a remarqué, et donc il nous faut l’évaluer comme un danger potentiel, tout comme l’avion de chasse.

Comment évaluer un danger potentiel ?
Nous devons prendre en compte la totalité des indices disponibles. Ses vêtements, son apparence, son comportement, ses actions, tout ce qu’il nous dit… Tous ces éléments sont des indices.
L’indice le plus important reste le langage du corps. D’ailleurs, 80% de la communication humaine passe par le langage du corps, et nous devrions ici simplement écouter “nos tripes”.

Quand nous passons à la condition Orange, nous commençons à cibler un point spécifique, mais en aucun cas nous délaissons notre attention générale: notre radar fonctionne toujours. Tout en évaluant, nous devons continuer de balayer notre environnement à 360 degrés.
99 fois sur 100, et après quelques secondes d’observation, nous serons capable de trouver une raison anodine pour son comportement, et nous pourrons rejeter l’information pour ensuite entreprendre une désescalade de notre condition, et retourner à la condition Jaune.
Suspicion
1 fois sur 100, voire 1000, ce danger est réel, et maintenant que nous sommes conscients de sa présence, nous sommes déjà bien moins susceptibles de devenir une victime.

Alors que nous évaluons cet individu, et que nous décernons chez lui un comportement agressif (l’agression peut être physique et/ou psychologique, et comprend une multitude de protocoles sociaux tel que l’espace vital par exemple…), nous commençons à jouer le jeu du “que faire si…”.

Nous commençons naturellement à formuler un plan de base. Cette gymnastique mentale, cette combativité, est le premier outil qui nous permet de devancer la courbe de puissance qui gouverne la confrontation. Si il agit soudainement, nous nous devons d’avoir au minimum un plan, même rudimentaire et grossier, pour pouvoir gérer immédiatement et le plus efficacement possible la situation.

Si nous nous disons: “On dirait qu’il est sur le point de m’en coller une… Que vais-je faire ?”, nous entamons ici une préparation mentale essentielle et primordiale pour nous sortir d’une possible situation conflictuelle. Si l’individu passe a l’acte, avec ne serait-ce qu’un simple plan déjà en place, notre réaction physique est à la fois assurée et immédiate.

La condition ROUGE

Si après avoir évaluer cet individu, nous nous retrouvons réellement confronté à un danger imminent, nous passons à la dernière condition : la condition Rouge.ali-foreman1
Nous sommes prêts au combat. Cela ne veut pas forcement dire que nous allons nous battre, mais mentalement, nous sommes prêts.

L’ensemble du processus d’escalade; de jaune à orange, et de orange à rouge, puis le processus inverse, se produit sans aucune activité physique démonstrative de notre part. L’essentiel est que nous sommes prêts psychologiquement à agir si la situation l’exige. La plupart des victimes se retrouvent au milieu d’une confrontation sans jamais avoir eu le temps de se préparer psychologiquement… Et donc, sans jamais avoir eu le temps de formuler un simple plan. Cette position est un désavantage énorme et souvent déterminant.
alredQuand nous réalisons qu’un danger est réel, et que nous escaladons à la condition rouge, nous attendons un déclic. Ce déclic est une action particulière et prédéterminée de la part de l’adversaire, et qui se traduira par une réponse immédiate, positive, agressive et défensive de notre part. Cette mise en place influence directement la vitesse d’exécution pour nous donner un avantage.

Sans cette décision “pré-pensée”, le temps précieux qu’il nous est donné pour agir une fois l’attaque entamée, est tout simplement gaspillé à essayer de décider de notre réaction.

Le déclic, le déclenchement mental, varie selon les circonstances.
Je lui ai dit de s’arrêter… Si il s’avance encore d’un pas avec son tournevis ou son couteau dans sa main, je lui tire dessus“. “Je lui ai dit de me laisser tranquille… Si il me touche encore une fois, je le gaze“.

Quelque soit le déclic choisit, il y a un bouton, qui une fois pressé, déclenche une réaction immédiate de notre part.

Rajoutez aux trois “R”: Reconnaissance, Réalisation et Réticence… notre pire ennemi est ici notre temps de Réaction.
Si nous ne sommes pas conscients de notre environnement (condition Blanche), et que nous échouons à reconnaître un individu mal intentionné, il sera capable de nous piéger, de nous agresser, de nous dominer, et ceci avant même que nous puissions avoir le temps de mobiliser une simple défense.
Apprendre à donner un coup de pied ou un coup de poing dans un environnement plus ou moins stérilisé, ne sert pas à grand chose si nous restons coincés en condition blanche…

En conclusion

maxresdefaultLa rue n’est pas un dojo… Et la meilleure technique de self défense reste de ne jamais se retrouver à être obligé de se défendre.

En plus de ce décalage psychologique qui influence directement la reconnaissance et donc notre vitesse mentale et physique, vient s’ajouter le poids d’une réalisation manipulée par une tradition de la victime extrêmement populaire dans les cultures protectionnistes. Si la reconnaissance peut être “travaillée” assez facilement, la réalisation que nous évoluons côte à côte avec des individus capables du pire est elle plus difficile à conscientiser…

violence-agression-jeunes-banlieue-quartierCe qui est triste aujourd’hui, n’est pas le fait qu’il existe des individus capables du pire… Ceux là ont toujours existé et ils existeront toujours… Non, ce qui est triste aujourd’hui, c’est que le reste de la population n’en soit pas vraiment conscient. Il est extrêmement difficile pour un individu “normal”, un individu “rationnel”, de saisir que nous vivons côte à côte avec des individus qui se moquent de nos projets, de notre futur… Ils se moquent complètement de nos familles, ils se moquent complètement d’infliger de la peine et de la souffrance… Ils se moquent de la vie.

Cette manière juvénile et naïve de voir le monde est portée par une population civile qui ne réalise pas le potentiel de violence qui réside chez certains. Ce manque de réalisation se manifeste au sein de la confrontation, au sein de la préparation, par un temps de réaction et une réponse trop souvent inadéquate.

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